Le découvert bancaire fait partie du quotidien de presque un Français sur deux. Selon l’étude d’octobre du comparateur Panorabanques, dévoilée en exclusivité par Le Monde jeudi 22 octobre, 43 % des Français tombent à découvert au moins une fois par an, contre 41 % l’an dernier ; 18 % vivent dans le rouge chaque mois.
Ce que le 20 novembre change pour votre compte
Dès le 20 novembre 2026, une directive européenne — la DCC2, transposée en droit français par ordonnance — soumet les petits découverts aux mêmes règles que le crédit à la consommation. Jusqu’ici, un découvert de moins de 200 euros ou de moins d’un mois échappait à l’analyse de solvabilité. Ce ne sera plus le cas : votre banque devra vérifier que la facilité « paraît compatible » avec votre situation avant de l’accorder, une évaluation qui restera proportionnée au montant et à la durée, précise service-public.fr. Pour 150 euros sur quinze jours, la consultation du fichier des incidents de remboursement restera même facultative.
Les autorisations déjà accordées avant cette date ne bougent pas : votre convention de compte continue de s’appliquer. Seules les nouvelles demandes et les renouvellements sont visés — avec un revers possible : pour les profils les plus fragiles, le filtre pourrait resserrer l’accès.
Demander 150 euros pour quinze jours exigera bientôt le même type de vérification qu’un crédit à la consommation.
Autre bascule : les minimums forfaitaires d’agios, des frais planchers prélevés chaque trimestre, disparaissent en tant que frais séparés. Intégrés au TAEG, lui-même plafonné par le taux de l’usure (23,60 % depuis le 1er octobre pour les crédits de trésorerie inférieurs à 3 000 euros), ils ne pourront plus s’ajouter aux agios. « C’est une très bonne nouvelle pour le consommateur », décrypte Juliette Woods, de l’association Que choisir ensemble.
43 % dans le rouge : le portrait dressé par l’étude
L’enquête, menée en juillet auprès de quelque 2 000 personnes, montre une dégradation nette : 31 % des Français disent tomber à découvert plus souvent qu’il y a un an. Première cause citée : l’inflation, avec les prix de l’énergie, de l’alimentation et du carburant, avant les dépenses imprévues.
Le trou reste le plus souvent modeste — moins de 200 euros pour 65 % des personnes à découvert — et se referme en moins d’une semaine. Le montant moyen atteignait 229 euros en 2025 : pas un gouffre, mais une facture qui s’additionne.
« D’après notre enquête, 43 % des Français sont à découvert au moins une fois par an, et 18 % tous les mois. » — Anna Meylacq, porte-parole de Panorabanques
Combien coûte vraiment un découvert ?
Aux agios — les intérêts débiteurs, entre 7 % et 20,04 % par an selon les banques — s’ajoutent des frais de dossier (40 % des banques, 16,80 euros en moyenne), des commissions d’intervention (8 euros par opération, 80 euros par mois au maximum), parfois des lettres d’information pour compte débiteur.
Le calcul pique : un dépassement de 350 euros pendant sept jours, quatre fois dans l’année, revient à près de 69 euros de frais, d’après les tarifs relevés par Panorabanques.
65 % des personnes à découvert restent sous les 200 euros : le découvert de fin de mois, silencieux mais coûteux.
Que faire avant le 20 novembre ?
- Regardez votre convention de compte : quel est votre plafond autorisé, votre taux d’agios, vos minimums forfaitaires ?
- Anticipez les demandes : si votre autorisation arrive à échéance ou si vous voulez l’augmenter, déposez la demande avant le 20 novembre — elle restera valable dans les conditions actuelles.
- Comparez les banques : les taux d’agios vont de 7 % à plus de 20 % selon les établissements. Un comparateur ou une banque en ligne peuvent diviser la facture.
- Mettez une alerte solde : la plupart des découverts se règlent en une semaine, encore faut-il les voir venir.
Le découvert n’est plus un accident, c’est devenu une façon de finir le mois pour près d’un Français sur deux. Le 20 novembre, il coûtera peut-être moins cher. À condition de passer le filtre.
Sources : Le Monde, Boursorama/AFP, Journal du Net, service-public.fr, Panorabanques.
