Depuis le 1er juillet 2026, les jeunes parents ont un droit de plus. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, a créé le congé de naissance : un ou deux mois de congé supplémentaires par parent, qui s’ajoutent au congé maternité, paternité ou adoption. Pas à la place. En plus.
Jusqu’ici, après les premières semaines, le choix était souvent binaire : reprendre le travail ou basculer vers un congé parental faiblement indemnisé. Ce nouveau congé occupe l’espace entre les deux.
Ce que ça change pour vous
Allons droit au portefeuille. Combien ? Le premier mois est indemnisé à hauteur de 70 % du salaire net, le second à 60 %, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale. Quand ? Le congé se prend après le congé maternité, paternité ou adoption, et les délais courent : avant le 31 mars 2027 pour les bébés nés au premier semestre 2026, dans les 9 mois suivant la naissance pour les autres. Qui est concerné ? Chaque parent, mère, père ou conjoint, salarié en CDI, en CDD ou à temps partiel, affilié à l’Assurance maladie. Que faire ? Prévenir votre employeur au moins un mois avant le début du congé, par écrit, en précisant les dates, la durée choisie et le fractionnement éventuel.
Combien vous toucherez vraiment
Prenez un salaire net de 2 000 € par mois. Le calcul donne 1 400 € le premier mois de congé, puis 1 200 € le second, soit 2 600 € sur les deux mois. La somme varie avec votre salaire de référence, et le plafond de la Sécurité sociale peut écrêter l’indemnité des salaires les plus élevés. C’est l’Assurance maladie qui verse l’argent, via la CPAM, pas votre employeur.
Le congé parental d’éducation, lui, pouvait durer jusqu’aux 3 ans de l’enfant, mais son indemnisation restait faible, ce qui poussait beaucoup de parents à y renoncer. Ici, la durée est courte et l’indemnité suit le salaire.
Le congé de naissance se prend après le congé maternité, paternité ou adoption, pas à la place.
Qui peut prendre ce congé de naissance
Chaque parent y a droit pour chaque enfant, né ou adopté : la mère comme le père, et aussi le conjoint ou le partenaire de la mère. Les deux parents peuvent le prendre en même temps ou l’un après l’autre, et vous pouvez le découper en deux périodes d’un mois.
Le congé n’est pas obligatoire, et vous pouvez choisir de ne prendre qu’un seul mois. Il faut en revanche avoir épuisé le congé maternité, paternité ou adoption avant de le commencer : il prolonge ces congés, il ne les remplace pas.
Les deux dates à ne pas rater
C’est là que beaucoup de familles peuvent passer à côté. Pour un enfant né entre le 1er janvier et le 30 juin 2026, le dispositif transitoire impose de prendre le congé avant le 31 mars 2027. Il reste donc cinq mois, et le délai de prévenance d’un mois grignote encore ce temps. Pour un enfant né à partir du 1er juillet 2026, le congé doit être pris dans les 9 mois qui suivent la naissance.
Dans les deux cas, l’anticipation paie : un parent qui attend le dernier moment risque de voir son calendrier se heurter au délai de prévenance d’un mois.
« Deux mois de plus, payés par la Sécurité sociale, en plus du congé maternité ou paternité, pas à la place. »
Que faire, étape par étape
- Vérifiez votre date limite. Enfant né au premier semestre 2026 : avant le 31 mars 2027. Né après le 1er juillet 2026 : dans les 9 mois suivant la naissance.
- Choisissez la formule. Un mois ou deux, d’un bloc ou en deux périodes, en même temps que l’autre parent ou l’un après l’autre.
- Prévenez votre employeur au moins un mois avant, par écrit, avec les dates, la durée et le fractionnement choisi.
- Constituez le dossier auprès de votre CPAM : c’est elle qui verse les indemnités journalières.
- Ne cumulez pas avec la PreParE en même temps. Le congé de naissance est compatible avec la prestation partagée d’éducation de l’enfant versée par la CAF, mais les deux ne peuvent pas être perçus simultanément pour la même période.
Les deux parents peuvent prendre ce congé en même temps ou l’un après l’autre.
Ce que ce congé ne remplace pas
Rien ne bouge pour les congés existants. La mère garde ses 16 semaines de congé maternité pour un premier ou un deuxième enfant. Le second parent garde ses 25 jours calendaires de congé paternité, 32 jours en cas de naissances multiples, qui s’ajoutent aux 3 jours payés par l’employeur à la naissance. Et le congé parental d’éducation, indemnisé par la CAF via la PreParE, reste possible jusqu’aux 3 ans de l’enfant.
Le nouveau congé s’insère entre ces deux temps : après les premières semaines, avant un éventuel congé parental long. Pour un père, l’enchaînement peut représenter environ trois mois et demi d’absence au total.
Deux mois payés 70 % puis 60 %, c’est une fenêtre courte. Elle vaut d’être posée dans l’agenda avant qu’elle se referme.
