La complémentaire santé solidaire a remplacé la CMU-C et l’aide à la complémentaire santé en novembre 2019. Gratuite pour les foyers les plus modestes, facturée 8 à 30 euros par mois pour les autres éligibles, elle prend en charge la part des soins que la Sécurité sociale ne rembourse pas. Un rappel qui tombe à pic : depuis le 1er octobre, le plafond des franchises médicales est passé de 100 à 140 euros par an, et les mutuelles classiques annoncent des hausses autour de 8 % pour 2027. Les bénéficiaires de la C2S, eux, échappent aux deux.
Complémentaire santé solidaire : qui peut vraiment en profiter ?
Le critère est simple : vos ressources annuelles. Depuis le 1er avril 2026, la C2S est gratuite pour une personne seule qui touche au maximum 10 421 euros par an. Le plafond monte à 15 632 euros pour deux personnes, 18 758 euros pour trois, 21 885 euros pour quatre, avec 4 169 euros de plus par personne supplémentaire.
Présenter sa carte Vitale suffit : avec la C2S, le tiers-payant s’applique systématiquement, sans avance de frais.
Au-delà, et jusqu’à 14 069 euros pour une personne seule, la C2S reste accessible moyennant une participation financière. Les plafonds suivent la même logique : 21 103 euros pour deux personnes, 25 324 pour trois, 29 544 pour quatre. Deux cas particuliers : les bénéficiaires du RSA y ont droit gratuitement sans examen des ressources, et les bénéficiaires de l’ASPA (l’ancien minimum vieillesse) peuvent l’obtenir avec participation via une demande simplifiée.
Combien ça coûte : de 0 à 30 euros par mois
Quand elle n’est pas gratuite, la participation dépend uniquement de l’âge : 8 euros par mois avant 30 ans, 14 euros de 30 à 49 ans, 21 euros de 50 à 59 ans, 25 euros de 60 à 69 ans, 30 euros à partir de 70 ans. Même au tarif le plus élevé, cela reste moins d’un euro par jour et par personne.
Surtout : la C2S exonère aussi des petites sommes qui s’accumulent. Les franchises médicales de 0,50 euro par boîte de médicament ou par acte paramédical, les 2 euros par transport sanitaire et la participation forfaitaire d'1 euro par consultation ne s’appliquent pas aux bénéficiaires.
Ce que la C2S paie à votre place
Concrètement, la complémentaire santé solidaire couvre tout ce que l’Assurance maladie obligatoire ne rembourse pas, forfait hospitalier compris. Le tiers-payant s’applique partout : vous présentez votre carte Vitale et vous ne faites aucune avance de frais. Autre protection : les professionnels de santé ne peuvent pas vous facturer de dépassements d’honoraires, sauf si vous les demandez expressément.
Gratuite sous 10 421 euros de revenus annuels, la complémentaire santé solidaire coûte au maximum 30 euros par mois : moins d’un euro par jour.
La demander : quatre gestes
- Vérifiez votre éligibilité avec le simulateur du site officiel de la complémentaire santé solidaire.
- Déposez votre demande depuis votre compte ameli, ou avec le formulaire papier auprès de votre caisse primaire d’assurance maladie.
- Joignez les justificatifs demandés sur vos ressources, votre identité et votre domicile.
- Le droit vaut douze mois : renouvelez avant la fin pour éviter toute coupure.
L’erreur qui fait rater la C2S
Le piège le plus fréquent consiste à regarder son revenu du moment. L’Assurance maladie, elle, examine les ressources perçues pendant les douze mois civils qui précèdent le mois avant votre demande. Un foyer peut donc se croire au-dessus des plafonds à tort, ou l’inverse. Autre point oublié : si vous touchez une aide au logement, un forfait logement s’ajoute à vos revenus dans le calcul. Il vaut 39,10 euros par mois pour une personne seule, 78,20 euros pour deux personnes, 96,78 euros pour trois et plus.
Consultations, pharmacie, hôpital : la C2S couvre le reste à charge sur l’ensemble du parcours de soins.
Dans une année où chaque poste de santé augmente, la complémentaire santé solidaire reste l’un des rares dispositifs où c’est l’État qui paie à votre place, sans que vous ayez à avancer un euro.
