La question revient chaque année devant la brosse ou sous la douche : chute de cheveux automne, que faire quand on en perd visiblement plus qu’en été ? Dans la plupart des cas, la réponse rassure : un cheveu vit, puis tombe, puis repousse. En automne, ce cycle se décale pour beaucoup de monde en même temps, et c’est ce décalage qui se voit.
Chaque cheveu suit trois phases : croissance pendant plusieurs années, transition de deux à trois semaines, puis repos de trois à quatre mois avant de se détacher. Hors saison, 50 à 100 cheveux tombent chaque jour. Pendant la chute saisonnière, ce nombre peut doubler.
Pourquoi vos cheveux tombent plus en automne
L’été prépare la chute d’octobre. Soleil et chaleur accélèrent la croissance, et davantage de cheveux arrivent en fin de cycle au même moment. Quand la lumière baisse, une plus grande proportion bascule en phase de repos, puis tombe quelques semaines plus tard. Le déclencheur tient d’abord à la durée d’ensoleillement, pas au froid ni au vent.
Soleil, chlore, eau de mer et sel fragilisent aussi la fibre. Une chute peut enfin arriver avec deux à quatre mois de retard après une forte fièvre, un accouchement, un régime strict ou une perte de poids rapide.
Une chute diffuse, sans plaque, ressemble le plus souvent à la chute saisonnière.
Chute de cheveux automne : comment reconnaître une chute normale
Trois signes, pris ensemble, orientent vers une chute saisonnière. Elle est diffuse, sans zone nettement dégarnie. Elle est temporaire et diminue d’elle-même en quelques semaines, le plus souvent en six à dix semaines. Le cuir chevelu reste sain : pas de douleur, pas de rougeur marquée, pas de démangeaisons fortes. De petits cheveux neufs aux tempes confirment que le cycle repart.
« Une chute diffuse qui s’estompe en quelques semaines, c’est le cycle qui travaille. Une zone qui se dégarnit, c’est autre chose. »
Une raie qui s’élargit d’année en année, des tempes qui reculent, une couronne qui s’éclaircit : ce n’est plus la saison, c’est un autre mécanisme, souvent androgénétique, qui mérite un avis. La saison ne crée pas une plaque chauve.
Quand consulter sans attendre
Prenez rendez-vous, chez le médecin traitant puis, si besoin, chez un dermatologue, si la chute dure plus de deux à trois mois, si elle est brutale ou très abondante, ou si des zones se clairsement. Même réflexe si le cuir chevelu devient rouge, douloureux ou très irrité, ou si fatigue inhabituelle, changement de poids ou règles irrégulières surviennent en même temps.
Un bilan sanguin, ferritine ou thyroïde par exemple, n’a de sens que si le professionnel le juge utile après examen. Aucune de ces causes ne se devine à la brosse.
Chute de cheveux automne : que faire dès aujourd’hui
Pour une chute saisonnière, les gestes simples valent mieux qu’une panoplie coûteuse : ils protègent la fibre neuve qui arrive.
- Brossez en douceur. Brosse souple, gestes lents, pas de traction sur cheveux mouillés, et pas de coiffures très serrées.
- Calmez la chaleur. Sèche-cheveux moins chaud, lisseurs espacés, séchage à l’air libre quand c’est possible.
- Massez le cuir chevelu. Trois à cinq minutes du bout des doigts, en petits cercles, pendant le shampoing.
- Mangez pour la fibre. Le cheveu est fait de kératine, donc de protéines : poissons gras, œufs, lentilles, noix et graines, sans régime strict, qui aggrave souvent la chute.
Protéines, fer et oméga-3 passent d’abord par l’assiette, pas par un flacon.
Faut-il prendre des compléments ?
Un complément comble un déficit, il ne crée pas de cheveux. La biotine, très vendue, n’a d’intérêt démontré que lorsqu’un déficit existe. Même prudence pour le fer, le zinc ou la vitamine D : utiles si le bilan montre un manque, inutiles, parfois nocifs à forte dose, sinon. Demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien avant une cure.
Dans trois semaines, regardez la brosse : si la quantité baisse peu à peu et si aucune zone ne se vide, l’automne a fait son travail habituel. Sinon, le bon réflexe n’est pas un nouveau flacon, c’est un rendez-vous.
