Le CESU préfinancé, c’est un titre de paiement que votre employeur ou votre comité social et économique (CSE) peut vous verser pour régler des services à la personne : ménage, garde d’enfants, jardinage, bricolage, soutien scolaire, aide aux personnes âgées. Depuis le 1er janvier 2026, le plafond exonéré est passé de 2 540 € à 2 591 € par an et par bénéficiaire, selon un arrêté du 23 décembre 2025. Concrètement, jusqu’à 2 591 € qui arrivent sans cotisations sociales ni impôt sur le revenu. Voici les montants, les bénéficiaires et la démarche.

Ce que ça change pour votre portefeuille

Combien ? Jusqu’à 2 591 € par an, exonérés de cotisations sociales (y compris CSG-CRDS) et d’impôt sur le revenu. Dans les faits, le panier moyen constaté s’élevait à 1 527,50 € en 2024, selon les chiffres publiés par la MACSF. Le plafond est individuel : deux personnes du même foyer qui travaillent dans la même entreprise cumulent chacune leur plafond, soit jusqu’à 5 182 € pour le foyer. Au-delà de 2 591 €, l’employeur paie des cotisations sur l’excédent.

Quand ? Le dispositif est permanent, et le plafond revalorisé s’applique depuis le 1er janvier 2026. Les titres se présentent en carnet ou en version dématérialisée et servent à régler 26 prestations de services à la personne.

Qui est concerné ? Les salariés dont l’employeur, le CSE ou la collectivité propose le dispositif. Les chefs d’entreprise peuvent aussi s’en attribuer, même sans salarié. Le conjoint salarié est éligible, mais pas le conjoint collaborateur. Bon à savoir : depuis un arrêt du 3 avril 2024, l’ancienneté ne peut plus être imposée comme condition d’accès.

Que faire ? Demander à vos RH ou à vos élus du CSE si le dispositif existe : rien n’oblige l’employeur à le mettre en place.

854 millions d’euros : le montant des émissions de CESU préfinancé en 2024, pour près de 750 000 bénéficiaires et quelque 29 000 financeurs, selon l’Association des professionnels émetteurs de CESU.

Ce que le CESU préfinancé change pour vous

Pour l’employeur, l’opération est gagnante aussi : les sommes financées sont déductibles du bénéfice imposable et ouvrent droit à un crédit d’impôt de 25 % des montants versés aux salariés. C’est l’argument à sortir quand on en parle à sa direction.

Pour vous, l’avantage est double. La part financée par l’employeur ne subit ni cotisations ni impôt, et elle s’ajoute au crédit d’impôt de 50 % sur les services à la personne, dans la limite de 12 000 € par an. Exemple : 2 000 € de ménage dans l’année, dont 1 000 € réglés en CESU préfinancé. Le crédit d’impôt se calcule sur les 1 000 € restants, soit 500 € récupérés. La facture réelle tombe à 500 €.

Une aide à domicile aide une personne âgée à son domicile L’aide à domicile, la garde d’enfants ou le ménage : le CESU préfinancé couvre 26 prestations de services à la personne.

L’erreur à ne pas commettre avec le crédit d’impôt

C’est le piège classique. La part financée par le CESU préfinancé est retirée de la base du crédit d’impôt de 50 % : seul votre reste à charge personnel se déclare, en case 7DB de la déclaration de revenus. Déclarer la totalité des dépenses, aide de l’employeur comprise, expose à un redressement.

Autre point de vigilance : le cumul employeur et CSE s’additionne sur le même plafond. Si l’entreprise vous verse 1 500 € et le CSE 1 200 €, le total atteint 2 700 € : 109 € deviennent soumis aux cotisations. Un rapide calcul avant de signer évite la mauvaise surprise.

Un jardinier taille une haie dans un jardin Jardinage, bricolage, garde d’enfants : les prestations réglables en CESU préfinancé couvrent le quotidien.

Que faire, pas à pas

  • Renseignez-vous auprès de vos RH ou de votre CSE : le dispositif relève d’un choix de l’entreprise, pas d’une obligation.
  • Vérifiez le montant proposé : employeur et CSE additionnés, le total exonéré ne doit pas dépasser 2 591 € par an.
  • Utilisez les titres pour régler vos prestataires de services à la personne, en papier ou en dématérialisé.
  • À la déclaration de revenus, ne déclarez en case 7DB que votre reste à charge, aide de l’employeur déduite.

Un dispositif qui verse jusqu’à 2 591 € nets pour le ménage et la garde des enfants, financé par l’employeur et encouragé par le fisc, mériterait d’être connu de tous les salariés. La prochaine fois que vous croiserez vos RH, vous saurez quelle question poser.