La campagne fertilité 29 ans entre dans sa phase concrète. Mardi 3 novembre, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a lancé la première campagne nationale d’information sur la fertilité, menée avec Santé publique France. Elle vise les 20-35 ans, femmes et hommes, avec ou sans projet d’enfant. Pour les 29 ans, un message personnel suivra : il sera déposé sur leur compte Ameli dans la semaine du 16 au 20 novembre, selon Le Monde.
Le message n’ordonne rien. Il informe sur la santé sexuelle, la contraception, la fertilité et les possibilités de préserver ses gamètes. La formulation a été retouchée après les critiques d’associations et de professionnels, qui jugeaient la première version intrusive. Le gouvernement parle désormais d’information, pas d’injonction.
Derrière ce message, un plan plus large : en février, le gouvernement avait présenté un plan fertilité en 16 mesures, promis par Emmanuel Macron deux ans plus tôt. L’infertilité touche plus de trois millions de personnes en France. Le comité de pilotage du plan, coprésidé par le professeur Samir Hamamah et Salomé Berlioux, a remis mardi son rapport à la ministre : 36 propositions pour améliorer l’accès à la procréation médicalement assistée.
Parler de fertilité avec un médecin reste le premier pas.
Campagne fertilité 29 ans : ce que contient le message
Il couvre trois sujets : le choix d’avoir ou non un enfant, avec des informations sur la santé sexuelle et la contraception ; l’évolution de la fertilité avec l’âge, chez les femmes comme chez les hommes ; et les possibilités de préserver ses gamètes pour plus tard.
La campagne ne s’arrête pas au message. Un portail, « Ma fertilité », est ouvert sur Santé.fr. Pour les 18-25 ans, un volet fertilité sera intégré aux consultations « Mon Bilan Prévention », prises en charge par la Sécurité sociale.
Congeler ses ovocytes : qui peut le faire, et jusqu’à quand ?
L’autoconservation des gamètes est possible en France depuis la loi de bioéthique de 2021. Pour les femmes, la congélation des ovocytes est ouverte entre 29 et 37 ans, et les ovocytes conservés peuvent être utilisés jusqu’à 45 ans. Pour les hommes, la conservation du sperme est possible entre 29 et 45 ans, pour une utilisation jusqu’à 59 ans. L’Assurance maladie prend en charge le prélèvement, pas la conservation.
Aujourd’hui, 70 centres sont habilités pour l’autoconservation ovocytaire. Le rapport remis mardi propose d’aller plus loin : une autorisation unique pour l’ensemble des centres d’AMP, publics et privés, soit une centaine d’établissements. Le ministère a promis une actualisation du plan début 2027.
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, l’a dit mardi en recevant le rapport :
« Trop peu de nos concitoyens sont informés à l’âge où ils devraient l’être. »
Un an d’essais, puis il faut consulter
La campagne rappelle aussi un délai simple, souvent méconnu. Pour un couple qui essaie d’avoir un enfant sans succès, les médecins recommandent de consulter après un an d’essais si la femme a moins de 35 ans, et après six mois si elle a plus de 35 ans. Chez les femmes, la fertilité baisse surtout à partir de 30 ans. Chez les hommes, l’âge joue aussi, à partir de 40 ans.
L’échographie fait partie du suivi de grossesse.
Si vous avez 29 ans, que faire concrètement ?
- Vérifiez que votre compte Ameli est actif et que vos coordonnées sont à jour : c’est là que le message arrivera.
- Lisez-le tranquillement : il informe, il n’oblige à rien.
- Avec un projet d’enfant, parlez-en à votre médecin ou à un gynécologue : une consultation préconceptionnelle fait le point sur votre santé et votre mode de vie.
En 2025, les décès ont dépassé les naissances en France pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, selon l’Insee : 645 000 naissances contre 651 000 décès. Le gouvernement mise sur l’information pour inverser la tendance. Reste à voir si un message sur Ameli suffit à briser un tabou que beaucoup de Français n’osent toujours pas aborder, même avec leur médecin.
