Les plantes à bouturer en automne offrent le meilleur rapport entre l’effort et le résultat au jardin. Une seule tige prélevée sur un pied en bonne santé peut donner, quelques mois plus tard, une plante identique à la plante mère.

Pourquoi l’automne est le bon moment pour bouturer

En automne, la croissance de l’année commence à durcir. La tige n’est plus tendre comme au printemps, elle n’est pas encore du vieux bois sec. Les jardiniers appellent cela une bouture semi-aoûtée : assez ferme pour tenir en pot, assez vivante pour émettre des racines.

La plante ralentit en même temps. Elle ne cherche plus à fleurir, son énergie descend vers les racines, et c’est exactement ce qu’une bouture doit faire pendant l’hiver : s’enraciner doucement. Au printemps, en avril ou en mai, celles qui ont pris se plantent dehors.

Les 7 plantes à bouturer en automne

La lavande. Prenez une tige de l’année qui n’a pas fleuri. Elle s’enracine facilement dans du terreau mélangé à du sable, avec peu d’eau.

Le romarin et la sauge. Même recette : une tige souple du sommet, un substrat drainant, de la lumière sans soleil brûlant. Sous les hivers rudes, leurs pots passent l’hiver sous abri.

Le rosier. Choisissez une tige de l’année, après la floraison, sur un pied vigoureux. Une tige bien choisie donne un pied fidèle à la variété d’origine.

Le groseillier et le cassissier. Les petits fruits rouges et noirs se multiplient très bien par boutures, et c’est le moyen le plus simple de remplacer un vieux pied fatigué.

Le framboisier. Prélevez sur les tiges de l’année d’un pied vigoureux. Quelques boutures suffisent à garnir une nouvelle rangée.

Des mains enfoncent des boutures de lavande dans une caissette de terreau Boutures de lavande en caissette, à l’abri du vent pour l’hiver.

Le géranium fait exception : il bouture bien, mais il craint le gel, donc ses pots rentrent à l’abri dès les premiers froids.

Bouturer en automne : les gestes dans l’ordre

Il faut peu de matériel : un sécateur propre et affûté, des pots, du terreau mélangé à du sable, des étiquettes. Une coupe nette s’enracine plus vite et pourrit moins qu’une tige écrasée.

  • Coupez une tige de 10 à 15 cm sur un pied sain, de préférence le matin.
  • Retirez les feuilles du bas et ne gardez que quelques feuilles en haut : moins de feuillage, moins d’eau perdue.
  • Coupez juste sous un nœud, là où les racines ont le plus de chances de sortir.
  • Plantez dans un mélange drainant, terreau et sable, sur un tiers de la longueur.
  • Arrosez légèrement, juste pour coller la terre autour de la tige.
  • Étiquetez chaque pot : en mars, toutes les tiges nues se ressemblent.

Les erreurs qui font échouer les boutures

D’abord, l’eau. Un pot détrempé tout l’hiver fait pourrir la tige avant qu’elle s’enracine. Le substrat doit rester frais, jamais gorgé.

Ensuite, le choix de la tige décide de presque tout. Une tige fleurie, malade ou trop vieille part avec un handicap. Prélevez sur un pied vigoureux, et jetez sans regret une bouture qui noircit.

Reste l’oubli, le plus bête des trois échecs. Un pot jamais regardé de l’hiver sèche ou gèle sans que personne s’en aperçoive. Un coup d’œil de temps en temps suffit.

Une bouture qui pourrit vient presque toujours d’un excès d’eau, pas d’un manque de soin. En automne, on arrose peu, et on laisse le temps faire le reste.

Des rosiers rouges et roses en fleurs dans un jardin d’automne Rosiers en fleurs à l’automne, après la floraison.

Que faire au printemps avec les boutures ?

Au printemps, les signes ne trompent pas : de nouvelles feuilles, et une légère résistance quand on tire doucement sur la tige annonce des racines. Rempotez les plus vigoureuses, puis mettez-les en place en avril ou en mai.

Sept tiges en automne, sept plantes au printemps : le compte n’est jamais exact. C’est pour cela que les jardiniers en préparent toujours quelques-unes de plus. L’automne prochain, les nouveaux pieds fourniront à leur tour des boutures.