Ce mercredi matin, des milliers de parents se sont posé la même question : le lycée de mon enfant est-il bloqué aujourd’hui ? Pour beaucoup, la réponse a été oui. D’un bout à l’autre du pays, la mobilisation lycéenne a pris une ampleur que le ministère lui-même qualifie désormais de record. Lycée bloqué, que faire quand on est parent ? Les chiffres vérifiés, les dates à retenir et les bons réflexes.
Ce que ça change pour vous
Si votre enfant est lycéen, trois choses à savoir ce mercredi. D’abord, un lycée partiellement bloqué maintient souvent ses cours : à Saint-Denis, le lycée Paul-Éluard restait bloqué ce matin, cours officiellement maintenus, CRS devant les entrées. Vérifiez le site ou l’ENT de l’établissement avant de décider.
Ensuite, ne forcez jamais le passage. Un barrage devant un lycée peut basculer en quelques minutes, et les heurts de ces derniers jours l’ont montré. Si l’accès est condamné, votre enfant n’a rien à y gagner.
Enfin, regardez déjà jeudi : nouvelle journée de blocage annoncée le 1er octobre, puis manifestation des jeunes le 6 octobre. Prévoyez une solution de garde.
Que s’est-il passé mardi 29 septembre dans les lycées ?
Mardi a été la journée la plus massive du mouvement. Selon le ministère de l’Éducation nationale, 416 établissements ont été touchés par des blocages ou des perturbations, de Marseille à Lille en passant par Rennes, Bordeaux et Lyon. Le mouvement, localisé la semaine dernière dans le Val-de-Marne et en Seine-Saint-Denis, s’est étendu à tout le territoire.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a fait état sur BFMTV de 440 interpellations dans la journée, dont 70 en Île-de-France selon la préfecture de police, « essentiellement pour violences et/ou dégradations ». Le ministère de l’Éducation nationale déplorait de son côté 31 blessés parmi les élèves et les enseignants pour la seule journée de mardi.
Dans les cortèges, les revendications s’affichent sur les pancartes : moyens, classes moins chargées, fin de Parcoursup.
La facture commence à se chiffrer : près d’un million d’euros de dégâts en Île-de-France depuis le début du mouvement, selon Valérie Pécresse (portails hors service, incendies, tags, vitres brisées). La présidente de région a annoncé qu’elle enverrait au maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, « la facture des 100 000 euros du remplacement du portail du lycée Paul-Éluard, des frais de gardiennage et de nettoyage du site ».
Quels lycées sont bloqués ce mercredi 30 septembre ?
Ce mercredi matin, la mobilisation ne faiblit pas. À Marseille, les accès des lycées George-Duby et Saint-Charles ont été condamnés, selon Ici Provence. À Rennes, les lycées Coëtlogon et Jean-Jaurès sont concernés ; à Nantes, Guist’hau et Carcouët, selon Ouest-France. La presse relève aussi des blocages à Nice, Strasbourg et Grenoble. À Saint-Denis, le lycée Paul-Éluard restait bloqué ce mercredi matin, cours officiellement maintenus et CRS devant les entrées.
Pourquoi les lycéens manifestent-ils ?
Les revendications portent d’abord sur les conditions d’études. Dans leur communiqué commun, les deux syndicats dénoncent « les coupes budgétaires, la fermeture de places, des bâtiments dégradés, la sélection ou encore la répression ». Le président de l’USL, Riyad Rani, 18 ans, réclame « la fin de la surcharge des emplois du temps et des classes », « plus de moyens » et « la fin de Parcoursup ».
Le bras de fer est aussi politique. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, accuse La France insoumise d’attiser le mouvement, pendant que la droite dénonce une « instrumentalisation politique » des lycéens. Le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a lui estimé sur BFM que « la violence, à un moment donné, peut être légitime », des propos condamnés par le gouvernement.
Que va-t-il se passer jeudi 1er octobre et mardi 6 octobre ?
L’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante ont annoncé ce mercredi une nouvelle journée de blocage des lycées et des universités pour le jeudi 1er octobre, jour de la présentation du budget. Les deux organisations appellent aussi à une grande manifestation des jeunes le mardi 6 octobre prochain.
Le mouvement a déjà gagné l’enseignement supérieur : mardi, les universités de Clermont-Ferrand, Poitiers, Toulouse 2 et 3, Lyon 2 ou encore Sciences Po Lyon étaient bloquées, selon l’Union étudiante.
Que dit le ministre de l’Éducation nationale ?
Invité de RTL ce mercredi matin, Édouard Geffray s’est dit inquiet des violences tout en défendant le droit de manifester. Le ministre a indiqué que 76 personnes ont été blessées depuis le début de la mobilisation, dont 18 membres du personnel.
« Le droit de manifester, c’est une liberté fondamentale. Les instances démocratiques, elles, doivent être respectées. La violence, c’est non. » — Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, sur RTL ce mercredi.
Il a cité des « scènes invraisemblables », dont ce jeune « qui a perdu l’usage d’une partie de la main parce qu’il a tiré un mortier ». Il a aussi dénoncé une « récupération politique assez manifeste ».
Même en cas de blocage partiel, les cours sont souvent officiellement maintenus : vérifiez l’ENT de l’établissement.
Lycée bloqué, que faire : le mode d’emploi pour les parents
- Vérifiez avant de partir : consultez le site internet ou l’ENT du lycée, et les messages de l’établissement. Un lycée bloqué n’est pas forcément un lycée fermé.
- Ne forcez pas le passage : si l’accès est condamné ou tendu, repartez. Signalez l’absence de votre enfant à la vie scolaire.
- Ne l’exposez pas : les rassemblements devant les lycées peuvent dégénérer vite, et un adolescent n’a rien à faire face aux forces de l’ordre.
- Anticipez jeudi : avec la journée de blocage annoncée le 1er octobre, organisez dès aujourd’hui une solution de garde ou de télétravail.
- Parlez-en : derrière les pancartes, il y a des revendications concrètes sur les classes surchargées et les profs non remplacés. Écouter ce que votre enfant en pense vaut mieux qu’un interdit sec.
En quatre jours, un mouvement parti de quelques lycées de banlieue est devenu une crise nationale de l’école. Jeudi dira s’il continue de dicter le rythme de la rentrée.
