Elle s’appelle allocation de solidarité aux personnes âgées, et tout le monde dit encore minimum vieillesse. Le mécanisme est simple : si votre retraite et vos autres revenus restent sous un plafond, l’État complète la différence, chaque mois. Le montant Aspa 2026 personne seule atteint 1 043,59 € bruts par mois. Pour un couple, le plafond monte à 1 620,18 €. Ce sont des plafonds, pas des sommes versées à tout le monde : ce que vous touchez dépend de ce que vous avez déjà.

Combien pouvez-vous toucher, au juste ?

Le calcul tient en une soustraction. Vos revenus mensuels sont déduits du plafond, et l’Aspa verse le reste. Une personne seule qui vit avec 800 € de revenus par mois reçoit 243,59 €. Avec 500 € de revenus, elle reçoit 543,59 €. Avec 1 100 €, elle ne reçoit rien : le plafond est dépassé.

Pour un couple, le même principe s’applique au revenu du foyer. Service-Public donne l’exemple d’un couple à 1 000 € de revenus mensuels : l’Aspa s’élève à 620,18 €, soit 1 620,18 moins 1 000. Quand un seul membre du couple y a droit et que les revenus du foyer ne dépassent pas 576,59 €, le versement atteint le plein montant de 1 043,59 €. Entre 576,59 € et 1 620,18 €, c’est la différence qui est payée.

Un détail compte pour les personnes seules. Vivre sous le toit de sa fille adulte, par exemple, ne fait pas de vous un couple aux yeux de l’Aspa : vous restez considéré comme vivant seul.

Une retraitée chez elle, assise à sa table près de la fenêtre Le calcul est une soustraction : plafond moins revenus. Le reste, c’est le montant de l’Aspa.

Qui est concerné, et qui ne l’est pas ?

Trois conditions ouvrent le droit. Avoir 65 ans, ou 62 ans en cas de carrière longue ou d’invalidité. Résider en France de manière stable. Et disposer de revenus inférieurs au plafond, pensions comprises. Les revenus du patrimoine entrent aussi dans le calcul, pas seulement la pension de base.

Une partie des revenus d’activité échappe au calcul, grâce à un abattement : 1 640,72 € quand les revenus des trois derniers mois sont examinés, 6 562,91 € sur douze mois. Travailler un peu à la retraite ne supprime donc pas le droit d’office. En revanche, dépasser le plafond, même de quelques euros, coupe le versement.

L’Aspa n’est pas une pension de plus. C’est un complément pour ceux dont la pension ne suffit pas, et elle se demande, elle ne tombe pas toute seule.

Que faire, concrètement, pour la demander ?

La démarche dépend de votre situation, et c’est là que beaucoup de dossiers s’arrêtent. Si une seule caisse vous paie une pension, adressez-vous à elle : Carsat, MSA ou autre régime, selon votre parcours. Si plusieurs caisses vous versent une pension, un ordre de priorité s’applique, avec le régime général en bonne place. Si vous ne touchez encore aucune pension de retraite, le formulaire se retire en mairie, qui transmet le dossier.

Préparez vos justificatifs avant d’écrire : avis d’imposition, relevés de pensions et de comptes, et vos derniers bulletins si vous travaillez encore un peu. Un dossier incomplet repart, et chaque aller-retour retarde le premier versement.

Une retraitée regarde par la fenêtre, chez elle Résider en France et avoir 65 ans : deux conditions de base, avant même le calcul des revenus.

La succession, la question qui freine tant de demandes

C’est le point qui fait hésiter. Les sommes versées peuvent être récupérées sur la succession après le décès, mais dans un cadre strict. Pour un décès survenu en 2026, la récupération ne joue que si l’actif net de la succession dépasse 108 586,14 € en métropole, dettes et frais d’obsèques déduits. Et elle ne porte que sur la part au-dessus de ce seuil, avec un plafond de 8 463,42 € par année d’Aspa versée.

Concrètement, une succession modeste n’est pas touchée. Une maison de famille peut en revanche faire franchir le seuil, et c’est une raison de plus pour en parler avec ses enfants avant de décider, plutôt que de renoncer sans avoir fait le calcul.