Chaque automne, le scénario se répète dans des milliers de foyers : la saison des amours des araignées commence, les mâles tégénaires quittent leurs toiles et traversent nos intérieurs à la recherche d’une partenaire. Araignées maison automne : que faire face à ces visites nocturnes ? Avant de sortir le chausson, il faut comprendre ce qui se passe vraiment. Car cette « invasion » d’octobre n’en est pas une, et la réponse d’une spécialiste devrait changer votre réaction.
Non, elles ne fuient pas le froid
C’est l’idée la plus répandue, et elle est fausse. À la question de savoir si les araignées sont réellement plus nombreuses à rentrer dans les maisons à l’automne, Christine Rollard, biologiste spécialiste des araignées, répond que « c’est une fausse idée ». Si certaines tégénaires deviennent soudain plus visibles, ce n’est pas parce qu’elles fuient le froid : c’est parce qu’elles cherchent à se reproduire.
À cette période, les mâles quittent leur toile et se mettent à vagabonder, surtout la nuit. Leur unique objectif : trouver une femelle avant la fin de la saison. Voilà pourquoi on peut soudain les voir traverser le couloir ou le salon alors qu’on ne les avait pas remarquées de tout l’été. Surprise : certaines n’ont même pas eu besoin d’entrer. Elles vivaient déjà là, discrètement, dans une cave ou un coin à l’abri, sans que personne ne s’en aperçoive.
« Si certaines tégénaires deviennent soudain plus visibles, ce n’est pas parce qu’elles fuient le froid : c’est notamment parce qu’elles cherchent à se reproduire. » Christine Rollard, biologiste
Pourquoi octobre les rend si visibles
Le reste de l’année, une tégénaire reste sagement sur sa toile, immobile, à attendre que ses proies viennent se prendre. On ne la voit pas. En octobre, les mâles abandonnent cette discrétion pour parcourir de grandes distances, et c’est ce nomadisme qui les met sous nos yeux, parfois coincés dans la baignoire dont ils ne parviennent plus à remonter les parois glissantes.
Bonne nouvelle : cette agitation est temporaire. Une fois la saison des amours terminée, les mâles meurent généralement d’épuisement et les femelles retournent se cacher pour pondre. Le calme revient de lui-même dans le logement d’ici la fin octobre.
Faut-il vraiment s’en débarrasser ?
Avant de décider, un rappel utile : la tégénaire est totalement inoffensive. Elle ne pique pas, n’attaque pas l’homme et fuit dès qu’elle le peut. Mieux, elle travaille pour vous : la Ligue pour la protection des oiseaux rappelle que certaines espèces comme la tégénaire remplissent un rôle d’insecticide naturel, capturant moustiques, mouches et autres petits intrus. En France, aucune araignée domestique n’est dangereuse pour l’homme.
L’idée n’est donc pas d’éliminer, mais d’inviter à s’installer ailleurs. Rendre l’endroit moins accueillant, plutôt que faire la guerre.
Une tégénaire dans l’angle d’un mur : elle y reste immobile la plupart de l’année, jusqu’à la saison des amours.
Araignées à la maison en automne : 5 gestes pour les éloigner sans les tuer
Pas besoin de produits chimiques. Agir sur les accès plutôt que sur l’animal suffit dans la plupart des cas :
- Calfeutrer le bas des portes avec un joint ou un boudin de tissu. Quelques millimètres sous une porte mal ajustée suffisent à laisser passer une tégénaire. En bonus, ça améliore l’isolation contre le froid.
- Vérifier les joints de fenêtres et reboucher les fissures autour des huisseries, des canalisations et des câbles.
- Poser une moustiquaire fine sur les grilles d’aération, sans jamais bloquer la ventilation.
- Réduire l’éclairage extérieur la nuit, qui attire les insectes dont les araignées se nourrissent.
- Ranger les coins, caves et garages, leurs cachettes préférées, où elles aiment se tapir.
Et les astuces populaires ? Marrons dans les coins, huiles essentielles de menthe ou de lavande : leur effet répulsif n’est pas prouvé. N’en attendez pas de miracle.
La tégénaire domestique : inoffensive, elle fuit l’homme et préfère les recoins peu fréquentés.
Et si elle est déjà là ? La méthode du verre
Inutile d’écraser votre visiteuse. La méthode la plus simple tient en deux objets : posez un verre retourné sur l’araignée, glissez une feuille de papier rigide entre le verre et le mur, et portez le tout dehors. Relâchez-la au pied d’une haie ou contre un mur extérieur, dans un endroit abrité, plutôt qu’au milieu de la pelouse.
Les mâles sont si concentrés sur leur quête amoureuse qu’ils ne prêtent aucune attention aux humains. Dans quelques semaines, quand la saison des amours sera passée, ils auront disparu d’eux-mêmes. D’ici là, ce salon qu’ils traversent n’est pour eux qu’un lieu de passage, pas une conquête.
